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Il est de ceux que rien n’arrête. Il a l’énergie sensible de ceux qui avancent pour le bien des autres. Dans cette longue interview diffusée sur votre webradio en 2017 (Radio Scenaryo), il ne m’aura fallu que quelques secondes pour savoir que cet échange allait devenir passionnant. Deux heures trente plus tard, le chanteur Makja était pour moi un artiste majeur, dans sa recherche et dans ses envies. Il venait de me bousculer pour longtemps, de ces longtemps qui durent toujours. Percevoir l’émotion vivante de Makja, c’est entrevoir la puissance de ce qu’il n’a pas encore donné. 

Je me souviens lui avoir dit qu’il devrait tenter l’émission Taratata, présentée par Nagui. Il en avait déjà la force et le talent. Tout donner en direct et partager avec ses mots, l’histoire d’une chanson qui finira par résonner en vous.

Aujourd’hui on retrouve Makja dans le casting de The Voice. C’est à la fois une surprise et une évidence. Une voix entre des voix, quoi de mieux pour comprendre ce qui bat en lui. Quand la production décide de le contacter pour participer à cette émission, j’imagine qu’il a douté. Réaliser un premier album qui entre nous s’appelle « Ne te retourne pas » et allait tenter sa chance à The Voice c’est quand même étonnant non ?  Être sur scène devant des centaines de personnes. Animer des ateliers sur l’écriture. Tout cela il sait faire et il le fait très bien. Mais se lancer dans cette arène médiatique est à la fois une chance et un piège.

Makja est de ceux qui savent relever les défis. Son interprétation de « Tout va bien » de Orelsan était un choix plus que judicieux. Un démarrage doux pour se présenter vocalement pour enfin pousser sa voix afin d’inscrire son potentiel.

 

Mais pour un artiste, comment vivre les deux minutes offertes devant des millions de téléspectateurs et devant quatre fauteuils retournés ? Le risque étant de devoir quitter la scène dans le vide des applaudissements qui retentissent comme une blessure. Pour un artiste ce n’est pas toujours facile à gérer. 

Julien Clerc, Jenifer, Mika ou Soprano ? L’évidence pour moi c’était Julien Clerc. Qui, plus que lui, pouvait être touché par celui qui porte en lui la chanson française et la passion des textes. Le risque existait pourtant car derrière la carrière déjà existante de Makja, il y a aussi des défauts, de ces imperfections qui pour moi donnent une identité et une profondeur à un artiste.

Deux fauteuils se retournent, celui de Jenifer suivi à la dernière seconde de Mika.

Jenifer avec ses mots « ça m’a fait penser à Brel parce qu’il était totalement habité quand il chantait. J’ai essayé de capter ce que vous aviez envie de  nous donner et je crois que vous avez le talent pour interpréter des chansons donc c’est pour ça que je me suis retournée » Fallait-il une déclaration différente pour attirer un artiste comme Makja. 

Je ne ferai ici aucun pronostic car une chose reste sûre. Makja a réussi son challenge. Et dans la vie il faut savoir vivre les choses une par une pour en retirer une substance singulière comme l’essence d’entrevoir une voix entre les voix. 

 

Frederic Lefevre

Vous pouvez écouter la chronique ENTRE VOIX en replay :