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Scenaryo

Marvin Jouno, bonjour, très heureux de te retrouver avec Radio Scenaryo, tu fais parti sans le savoir de ces artistes qui sont à la base de la naissance de cette radio. Je regardais ton long-métrage « Intérieur Nuit » réalisé par Romain Winkler, un chef opérateur qui avec toi a mis en images les 11 chansons de ton premier album. Mais avant de revenir à cette belle réalisation tu es auteur, réalisateur, interprète, décorateur, photographe et musicien, à quel âge c’est devenu incontournable et impossible à éviter d’être cet artiste ?

Marvin Jouno

La vocation artistique je crois qu’elle est apparu à l’adolescence vers 16 ans, durant mes année lycée j’ai entrepris un bac littéraire option cinéma et il y a quelque chose qui s’est ouvert à ce moment-là. J’ai voulu vraiment devenir créatif. Mais avant ça, je voulais devenir journaliste et je me suis dit que j’avais plutôt envie de raconter des histoires que d’analyser le monde actuelle 

INTERIEUR NUIT LE FILM

Scenaryo

Oui ce qui est possible de toute façon en chanson ou en cinéma mais tu as d’abord démarré par le cinéma ?

Marvin Jouno

Oui bizarrement, enfin bizarrement ce sont mes études qui m’ont amené à ça et après j’ai suivis des plus ou moins longues études de cinéma et de mise en scène et j’ai retrouvé la musique parce que j’avais besoin de retrouver aussi une pratique plus personnelle. 

Scenaryo

Justement c’est ce que je me demandais, c’est quoi qui te fait basculer vers la chanson et la réalisation de ton premier album ?

Marvin Jouno

Il y avait quelque chose d’assez frustrant parce qu’avec le cinéma ce sont des années de recherche de financement. C’est beaucoup d’argent et beaucoup de technicien, c’est vraiment une grosse industrie, une grosse machine et moi j’avais besoin de retrouver des pratiques plus solitaire presque autosuffisantes. La photo et la musique m’ont apporté ça. En fait je pouvais débuter tout seul dans mon salon avec la musique assistée par ordinateur, la MAO m’a remis le pied à l’étrier et j’ai commencé à élaborer mes petites maquettes et mes premières histoires. 

Scenaryo

Tu sors donc ton premier album intérieur nuit en 2016 et assez rapidement tu vis quelque chose qui doit ressembler à un ouragan positif. Ca se fait facilement pour toi de devenir un chanteur écouter et apprécier ?

Marvin Jouno

Est-ce que c’est facile ? Non, je ne crois pas. J’avais tout apprendre. J’étais sorti de nulle part, j’étais novice en tout, je n’avais jamais fait promo, jamais fait une interview, jamais de concert, ni jamais de télé, tout était à apprendre, je n’étais pas prêt. L’année et demie ou les deux années à passer à défendre « Intérieur Nuit » le premier album, je pense que c’est là que j’ai vachement appris. Je pense que je me suis révélé à moi-même, j’ai progressé sur tous les niveaux.

QUITTE A ME QUITTER

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Ca fait quoi au fond de toi de voir les gens durant tes concerts, de voir le nombre qui grandit de personne qui te suivent. Tu réagis comment ? 

Marvin Jouno

Ca remplis, tu parlais de chamboulement juste avant, c’est le bon mot, c’est déstabilisant, c’est les montagnes russes, on monte un peu haut et du coup j’ai du mal à redescendre après un concert parce que je reçois beaucoup et je donne beaucoup aussi. Et le lendemain je me sens vide complet, il faut apprendre à vivre avec ça. Mais c’est beau. Sur le deuxième album il y a peut-être eu un accueil médiatique un peu moins foisonnant mais par contre j’ai beaucoup reçu du public, par écrit notamment, et je dois dire que c’est un peu la petite victoire de ce second album. Je sens qu’il a été touché des gens en plein cœur et c’était ma seule intention. 

Scenaryo

Tu fais un nombre étonnant de première partie avec notamment CALI, CAMILLE, SUPERBUS, JEANNE CHERAL, LES VIEILLES CANAILLES donc JACQUES DURONC, EDDY MITCHELL et JOHNNY HALLYDAY, il y a aussi les premières parties de MICHEL POLNAREFF, JULIEN DORE et ZAZIE. C’est un exercice difficile de chanter pour un public qui n’est pas acquis, ils se vivent dans quelle intensité ces moments ?

Marvin Jouno

Non ce n’est pas facile. Je crois que c’est une super école la première partie, en effet on ce présenteà un public qui ne nous attend pas, qui parfois ne veut pas nous entendre et qui ne connais pas les chansons donc c’est vraiment une présentation. Il faut trouver le juste milieu, pas prendre trop de place et en même temps prendre sa place, celle qu’on nous prête et qu’on nous donne. Moi j’ai impression que j’ai vachement appris avec ça, de devoir aller chercher un public. Et puis après la vraie parenthèse enchantée ce sont les dix premières parties de ZAZIE qui nous ont permis de retrouver toujours la même équipe, très famille. Zazie est assez incroyable, avec elle, c’est pyramidal, elle donne le la en fait. Elle donne le ton, elle est adorable, tout le monde l’aime.

LES CHERS LEADERS

Scenaryo

MARVIN JOUNO tu me dis si je me trompe mais j’ai l’impression que tu as une petite préférence pour la tournée avec ZAZIE ? La raison c’est quoi. Une chanteuse humaine, disponible, à l’écoute ?

Marvin Jouno

Ouais complètement, on est devenu un peu copain, on se voit de temps en temps à l’extérieur. C’est plus qu’une marraine en fait, je trouve cette femme assez incroyable et je trouve l’artiste extraordinaire. C’est beau de voir aussi que parfois on peut croiser de belles personnes dans ce milieu. Avec elle, c’est une très belle histoire.

Et pour finir de répondre sur la notion de première partie, c’était des résidences, on jouaient deux soirs de suite dans la même salle, dans la même ville et ça c’est un truc assez unique, parce que moi dans le cas de ma tournée, je n’ai pas cette chance là, enfin ça n’arrive jamais d’ailleurs pour l’instant. Ca permettait de vraiment roder son spectacle comme on retrouvait les sensations de la veille, pour moi ça a été une grosse source de progression.

Scenaryo

Alors je dois t’avouer que je suis un grand amateur de ZAZIE mais ce soir là c’est toi que je suis venu voir sur Bordeaux. Et avant la fin du concert je suis sorti de la salle et je t’ai croisé. J’ai cru voir, là aussi tu me dis si je me trompe, quelqu’un a qui la scène manquait déjà. Je t’ai trouvé troublé et dans une excitation de tout réussir ? Je t’ai presque senti perdu.

Marvin Jouno

Oui je suis complètement perdu, sorti de scène je suis perché, je suis tellement monter un peu haut dans les tours que j’ai du mal à redescendre et je suis souvent vanné. En fait la scène au départ c’était une douleur, j’étais nul, mais complètement nul, je m’excusais un peu d’être là. Je me souviens d’un premier concert dans un tout petit café concert parisien où j’ai dû passer l’heure du concert les yeux fermés. Et je ne sais pas, cela doit faire cinq, six années d’un parcours sinueux pour arriver à un endroit que j’adore. Je continue de faire des chansons parce que j’ai envie de les défendre sur scène, c’est mon endroit préféré.

Scenaryo

As-tu des angoisses quand tu commences à réaliser le deuxième album SUR MARS ou tu es toujours dans cette énergie que rien n’arrête ?

Marvin Jouno

Non c’était hyper dur, je me suis posé beaucoup de questions. Et sur ce deuxième album, beaucoup doute justement. Qu’est-ce qui avait manqué au premier pour aller plus loin ? Est-ce qu’on fait la même chose ? Est-ce que je vais plus loin dans l’exploration ? Avant de plonger j’ai pas mal reculé, pas mal réfléchi et pas mal cogité. Pour finalement faire quelque chose très au feeling. Une fois cette réflexion amorcée, qui n’a pas abouti aboutie à grand chose, si ce n’est que je n’avais pas du tout envi de proposer à nouveau une redit. J’ai fait ça au feeling oui.

Scenaryo

Y’a quelque chose que j’imagine sans aucun doute, c’est ton retour dans le cinéma. Tu aurais envi de quoi ? D’écrire un scénario, de réaliser un long métrage, d’être comédien ?

Marvin Jouno

C’est complètement ça, écrire enfin ce fameux scénario qui doit traîner dans mes tiroirs depuis que j’ai 16 ans et que je ne mets pas en forme. Il a plusieurs scénarios en fait. Il faudrait vraiment que je m’y mette pour passer à la réalisation. C’était mon objectif ultime. Aujourd’hui je m’épanouis vachement dans la musique donc je ne saurai pas trop choisir, mais c’est quelque chose que j’aimerais explorer. J’aimerais revenir à ça. Et la comédie ça me tente assez en ce moment. Bizarrement pareil, je n’étais pas du tout fait pour ça. C’est durant le tournage de « Intérieur Nuit » que j’ai commencé à prendre conscience que ça me plaisait. Mais je ne suis pas sûr d’avoir complètement les compétences, j’appréhende vraiment d’être devant la caméra. J’avais tellement été derrière la caméra que passer devant ce n’était pas très naturel. Et puis en fait, je prends beaucoup de plaisir maintenant dans cet exercice là. Il faut vraiment que je me remette à la réalisation. Il faut que je passe par la case court métrage. Et comme c’est un format que je connais bien, j’ai une vision très précise de ce que doit être un court métrage, c’est pour ça que ça me bloque parfois. Mais l’idée ne me quitte pas depuis quasiment 20 ans alors il est temps de s’y mettre.

Scenaryo

Pour revenir à la musique j’aimerais beaucoup que tu nous présentes ceux qui t’accompagnent depuis le début sur scène et dans la réalisation de tes albums ?

Marvin Jouno

Avec grand plaisir parce que c’est un peu une famille. La plus fidèle des fidèles c’est

AGNES IMBAULT qui est au clavier et qui m’accompagne. Je n’ai quasiment jamais jouait sans elle sur scène. Et puis en plus de ça, elle est impliquée dans la co-composition. On compose ensemble. Moi je pose des bases et après avec son excellence pianistique, elle vient améliorer mes compositions. On réfléchis aux lignes de chants ensemble. C’est un énorme soutien sur ce deuxième album « Sur Mars » qui a parfois été douloureux à faire. L’album a été réalisé par ANGELO FOLEY qui est un ami d’enfance aussi, il avait déjà réalisé « Intérieur Nuit ». Ca c’est notre petit trio magique pour travailler sur la fabrication des albums. Et là la transposition scénique, on a complètement changé de formule. Je suis toujours avec Agnès qui joue beaucoup plus de synthé et moins de piano. Et puis on est en alternance sur deux batteurs, MANU DYENS et RAPHAEL JAMES. Je voulais quelque chose comme ça de plus frontale, un peu power trio, clavier batterie. Je savais que d’un coté, il y avait toute la mélodie et l’harmonie, puis de l’autre coté la puissance rythmique. On a finit la tournée à cinq sur scène ce qui n’était pas le cas durant des premières parties ou j’étais juste avec Agnès. C’est un vrai choix, une vraie vision d’avoir réduit l’ensemble pour avoir quelque chose de plus immédiat, plus brut. Un peu à la manière de l’album qui est plus épuré et qui oui, est plus frontal.

Scenaryo

Marvin Jouno merci infiniment, c’était un vrai plaisir de te revoir. Encore merci et à très bientôt.

Marvin Jouno

Plaisir partagé. Merci beaucoup

ON REFAIT LE MONDE